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Vos remarques et mes réponses

 

 

 

  

 

Mon caté

ou "Qu’en pensez-vous ?"

 

On peut voir l’ensemble des textes sur

La page cate 1

 

Ce feuilleton a été publié en 2013

par les éditions Théolib sous le titre

« Ce qui (m’)importe » : voir

 

 

 

 

 

C’est un feuilleton hebdomadaire commencé en décembre 2008

mais interrompu et repris plusieurs fois.

J’avais eu cette envie bizarre de revisiter les thèmes classiques

de la religion chrétienne, mais sans ordre ni méthode,

selon l’inspiration du moment, tels que je les ressentais question par question.

Car il s’agit de questions, même si, d’aventure, le ton peut en sembler affirmatif.

Je me suis donc efforcé d’y voir clair… Sans garantie.

 

On peut aussi se reporter à la page doxa pour retrouver l’autre versant

de ces réflexions hebdomadaires.

   

 

https://jeanalexandre.fr/cate_fichiers/image002.jpg

D.R.  

  

La même chose ?

 

Dans un village de la forêt vierge indonésienne, le vieux shaman de la religion traditionnelle est demeuré seul, ses fidèles ont tous rejoint la pasteure, une jeune femme plutôt déterminée ; il se décide alors à devenir chrétien lui aussi… consolé tout de même par cette constatation désabusée : dans la pratique, c’est à peu près la même chose…

Et c’est vrai, sans doute : il y a fort à parier que ce brave homme propageait une vérité universelle, héritée des ancêtres, celle qu’on appelle règle d’or :

« Fais pour autrui ce que tu voudrais que l’on fasse pour toi ; ne lui fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. »

Loi d’équilibre et de réciprocité.

Si c’est cela, on ne peut pas dire que ce soit éloigné de l’enseignement prôné par les diverses Églises issues de l’enseignement des évangiles.

Et bien sûr, on peut penser que ce digne shaman ne s’est pas distingué de ses devanciers, ajoutant comme eux que d’accord, cette règle est valable dans la tribu, mais que foutre un coup de casse-tête sur la binette des guerriers de la tribu adverse reste une source absolue de gloire.

Tout comme l’ont fait de tout temps les dignitaires des Églises, remplaçant cependant l’approbation du casse-tête par celle du gaz moutarde ou de la bombe A…

La même chose, vous dis-je !

Ou à peu près.

Cet à-peu-près réside évidemment dans la différence entre les moyens employés ici et là pour détourner la loi universelle.

Mais il réside aussi, plus généralement, dans la survenue d’une circonstance que la sagesse des ancêtres de cette tribu n’avait pas prévue.

L’arrivée en force de ce que nous appelons civilisation.

Engins, administration, communication, dispensaire, école, police, logement, vêtement, mœurs…

Et la religion qui va avec.

La religion des jeunes, et tenez : des jeunes femmes qui savent lire.

On ne sait plus très bien aujourd’hui si la tribu en question y gagne ou y perd.

Les fatigues et les dangers de la vie sylvestre, dite sauvage, contre l’hystérie et le stress de la vie citadine, dite moderne.  

Je sais cependant que la religion civilisée n’est pas meilleure que la sauvage.

À moins qu’elle ne serve de support, ou de canal, à une loi nouvelle… fort exigeante.

Du genre : fais plus ! Fais à autrui le bien qu’il ne pourra pas rendre.

Loi de déséquilibre, au demeurant fort amusante.

Mais pas toujours.