Vos réactions : jean.alexandre2@orange.fr
Réactions à chaud
On
trouvera ici, sur ce site ouvert en mai 2006, des réactions
à
chaud sur les paroles qui nous cernent, les discours qui nous saoulent,
les bêtises
qui nous heurtent et même les mots qui nous réjouissent.

Bellpuig – folklore de Catalogne
– © Chixoy
On pourra retrouver mes petites idées des mois passés
aux pages du Journal
2025 et du Journal 2026
Une de ces réactions vous plaît, dites-le-moi !
Une d’entre elles vous déplaît, dites-le-moi !
14 mai 2026
Au revoir !
Oui, au revoir tout le monde ! Mesdames et Messieurs,
vieux potes et vieilles amies, jeunots et demoiselles, lectrices et lecteurs
fidèles. Je n’allais pas terminer sur l’évocation d’un virus, je vous rends
grâce de m’avoir lu si souvent, portez-vous bien toutes et tous ! À Dieu !
Hou ! Fais-moi peur
J’ai un peu l’impression qu’avec cet hantavirus qui
nous hante, tel le spectre de la pandémie, on s’amuse à se faire peur. Un cas
en France, certes, c’est un de trop, mais ce n’est pas encore la covid !
12 mai
Entreprises – Le capital peut-il se passer du
pouvoir ?
Une chronique de Dominique Méda, parue dans Le Monde
daté des 10 & 11 mai (Peut-on vraiment se passer du travail ?
p. 31) m’a rappelé un texte de la même veine que j’avais écrit naguère sur ce
sujet.
Il me semble que la gestion des
entreprises, le rapport au pouvoir et l’écologie politique ne sont qu’un seul
sujet. Encore cette liste résume-t-elle bien des questions. Pour explorer cela,
je me propose de partir du premier point mentionné.
Et là, malicieux, j’ai envie
d’écrire des gros mots. Par exemple : "Vive la démocratie dans
l’entreprise capitaliste !"
Car à qui appartient une
entreprise ? À ses actionnaires, dit-on, qui en sont les propriétaires
légaux et par conséquent les dirigeants. Sans leur capital, point d’entreprise.
Quid alors des salariés ? Des
employés contractuels. Pourtant, sans salariés, point non plus d’entreprise… Or
cela n’a pas de réalité, rétorquera-t-on, puisqu’on en trouve toujours, pressés
par le besoin.
Il s’agit donc en réalité d’un chantage.
Et le fait, c’est que l’entreprise existe en fonction d’un rapport de force
dont le fondement est la propriété du capital. Vieille histoire.
Pour que l’on passe du chantage à
une honnête coopération, il suffirait alors au législateur – simple proposition
d’école – d’imposer la valorisation en termes financiers de l’apport représenté
par la seule présence du salariat, ceci en simple écriture. Cette valorisation
équivalant par principe au montant du capital investi par les actionnaires.
L’ensemble des salariés serait alors
détenteur, en tant que personne morale, d’une moitié non cessible du capital.
Les salariés continueraient cependant à percevoir leur salaire, tout comme les
actionnaires leurs dividendes.
Qu’est-ce qui empêche cela ?
C’est, dira-t-on, que cela ferait fuir les investisseurs, pressés de s’exiler
vers des cieux capitalistes plus accueillants pour leurs intérêts.
Vraiment ? Pourtant, en termes
financiers ils ne perdraient rien à ce nouveau régime, alors pourquoi
partir ? La raison en est que ce ne sont pas seulement leurs dividendes
qui les intéressent, mais aussi l’intangibilité de leur pouvoir. À eux seuls la
décision !
C’est un point sur lequel on insiste
trop peu : le capitalisme se base aussi sur un rapport de force d’une
autre nature que celui qui touche au capital.
Certes, l’argent est le critère qui
permet la supériorité des uns sur les autres dans la société capitaliste, mais
le besoin de supériorité y est tout autant fondateur. La question étant :
lequel peut dominer les autres ?
Lorsqu’on demande alors aux suppôts
du capitalisme en quoi Untel est-il plus capable que d’autres de diriger une
société, on obtient cette réponse : les capacités et le mérite.
En réalité, des millions d’autres
pourraient faire preuve des mêmes capacités que les siennes et montrer le même
mérite. Il suffirait pour cela qu’ils soient mis d’entrée, c’est-à-dire très
tôt, dans les conditions dont il dispose depuis toujours.
Pour le dire autrement : il n’y
a pas plus de couillons ou de feignants chez les prolétaires que chez les
capitalistes. J’ai des raisons de penser que la proportion en est constante…
Mon expérience est que, le plus
souvent, les gens qui disposent de naissance du pouvoir économique ne pensent
pas ainsi. Ils croient réellement être différents des autres. Meilleurs par
nature. Ou plutôt, ils n’y pensent même pas, tant cela leur paraît naturel.
Mimétisme ou besoin de revanche, il
en va de même d’un certain nombre de ceux, fort rares, qui, issus de milieux
moins favorisés, ont atteint les lieux du pouvoir.
Je soutiens que, placés dans les
mêmes conditions, n’importe qui ou presque connaîtrait les mêmes réussites ou
les mêmes échecs que les dirigeants actuels. Inversement, tel héritier d’une
grande fortune, patron de droit divin d’un empire industriel, serait déjà bien
content de finir contremaître s’il était né dans un deux-pièces de grande
banlieue.
On sait tout cela, je ne prétends
rien apprendre à quiconque à ce sujet… sauf justement à ceux dont il est
question.
Mais on voit alors que
l’établissement d’une simple justesse dans les rapports qui régissent une
société, à commencer par une entreprise mais bien plus généralement, ne
consisterait pas seulement à régler la question des rapports du capital et du
travail. Il resterait le problème posé par la jouissance du pouvoir des uns sur
les autres.
Cela s’est vu dans certains pays, au
siècle précédent, lorsqu’on y a aboli la propriété privée des moyens de
production et d’échange. Il s’en est suivi la naissance d’une caste
dominatrice, cette nomenklatura composée des dirigeants politiques et de leurs
obligés de toute sorte.
Une caste d’autant plus prédatrice
que ses membres n’avaient rien à prouver à court
terme, contrairement à ce que doit tout de même affronter un actionnaire ou un
dirigeant capitaliste. D’où l’efficacité relative du système dont ces derniers
sont les acteurs.
Tout milieu dont l’ambition serait
de réformer radicalement ce système – radicalement, car la réforme peut se
montrer plus définitivement radicale que la révolution – aurait donc à se
saisir de cette question : comment construire des sociétés au sein
desquelles la question du pouvoir serait réglée, ou en tout cas sous
contrôle ?
Or cela ne peut se faire qu’à la
base de la pyramide sociale réellement existante, de proche en proche, en de
multiples circonstances, lieux, milieux, sociétés, entreprises, etc., sous
peine de retomber dans l’écueil précédent, celui de la collectivisation
impérative.
C’est le travail, le combat
pacifique, utopique, de générations. Il a connu des précédents, vite récupérés
mais souvent renaissants. Je note par exemple Celui qui voulait qu’au sein
d’une certaine association bimillénaire, tous soient serviteurs les uns des
autres…
On a cru souvent tuer cet esprit-là
mais il vit toujours. À jamais… ressuscité. On le trouve représenté ici ou là
tout au long de l’histoire des sociétés sédentaires.
Vaste entreprise, donc, qui suppose
une longue mémoire, une lucide obstination, une profonde conviction, une
constante expérimentation, une intense et fraternelle mise en réseau.
Utopique ? Eh bien, le fait est
pourtant que les gens qui portent cela existent, même s’ils se connaissent mal
et s’ils se rejoignent trop peu. Il leur reste à constituer sur la Terre un
vaste filet aux mailles de plus en plus resserrées.
La question étant toujours et
partout celle-ci, pour plagier un éminent poète : est-ce ainsi que les humains
vont vivre ?
On trouvera bien des difficultés à
cette entreprise. Elles ne se limiteront pas, loin de là, à l’économie. L’une
d’elles, constante, je la cite parmi bien d’autres pour exemple de la gravité
des questions qui sont aussi en jeu, serait celle du pouvoir dans ses
interférences avec la sexualité et les rapports entre les genres.
Mais une autre, la plus grave,
première et dernière pour toucher directement à des enjeux planétaires, est
celle des rapports de pouvoir que l’espèce humaine entretient avec le monde
dont elle fait partie.
C’est qu’en bout de course – au départ
comme à l’arrivée – tous ces angles de vue vont ensemble et ne dessinent qu’une
seule question, à la vie à la mort : notre espèce peut-elle s’éduquer à
l’abandon de son rêve mortifère, à savoir le règne, la puissance et la
gloire ?
Et comme on dit, il n’est pas
nécessaire d’espérer pour entreprendre.
Saint-Coutant
– 2016
10 mai
Travail
Comment travailler plus quand on enfile deux longs vécandes, du 1er et du 8 mai, plus le jeudi de
l’Ascension ? Où l’on voit que le civisme et la religion sont les ennemis
de la rentabilité… C’est ainsi que les milliardaires ne s’enrichiront pas et
qu’ils ne feront pas ruisseler leurs liquidités sur la foule de leurs
innombrables obligés…
Pétain
Manipulation ou non, le fait est là, c'est au moment
où une municipalité française administrée par le RN émet, au moyen de ses
haut-parleurs publics, le chant "Maréchal nous voila
!", que l'on découvre les photos de la rafle dite du billet vert, qui a
permis au gouvernement dudit maréchal, d'envoyer en 1941 sept mille juifs en
Allemagne, où ils seront exterminés.
8 mai
Patience !
Le 8-Mai, encore une journée de souvenir national que
certains aimeraient nous sucrer. Ils la cumuleraient avec le 11-Novembre, ça
nous ferait deux Paix pour le prix d’une. Je propose qu’ils attendent pour cela
que ceux qui ont connu la Seconde guerre mondiale en vrai soient tous morts. Ça
m’arrangerait, personnellement !
6 mai
Culture
La guerre culturelle est déclarée, plus importante qu'on
ne pense pour notre avenir. Bolloré et consorts ont attaqué les premiers. Là
est l'ennemi principal des démocrates. à combattre en priorité.
Cela ne doit pas faire oublier pour autant que nous
subissons depuis plusieurs générations la suprématie des États-Unis en matière
de culture populaire à forte rentabilité, et que nos services publics, loin de
s'y opposer, en relaient docilement la domination.
Comme s'il n'existait pas de culture européenne
capable de s'imposer pour peu qu'on la relaie tout autant. Entre pieuse
vulgarité ou rentable colonisation culturelles, n'y a-t-il pas un espace à
ménager ?
Parlez !
On se plaint de ce que nos Églises luthéro-réformées
perdent de la substance humaine… Eh ! À force de se parler entre soi au
lieu de le faire sur la place publique, ça devait arriver !
Hélas !
Mélenchon est candidat à la présidence. Je dois dire
que ça ne m'a pas fait tomber de ma chaise. Et aussi que je préférais le
Mélenchon d'avant, quand il ne ressentait pas le besoin de choquer le bourgeois
mais expliquait, expliquait sans cesse le sens des événements. Le Mélenchon
lumineux pour nous, gens de gauche.
3 mai
Rackett
Il arrive que la loi ait pour but de s’opposer à la
servitude. Y compris à la servitude volontaire. Tel était le but de celle qui
concernait le 1er-Mai. Or les puissances qui nous gouvernent, souvent jusqu’en
nous-mêmes, ne l’entendent pas de cette oreille, la nouvelle loi le montrera.
L’argent en est à l’origine, et il en est le but : l’Argent te paye trop
peu pour que tu veuilles travailler plus afin de gagner plus d’argent pour que
tu lui fasses gagner plus d’argent. En plus d’un cercle vicieux, cela ressemble
à un rackett dont ta vie est l’enjeu.
1er mai
Nuance
Le 1er mai est chômé, non parce que c’est la fête du travail, terme trop abstrait, mais parce que c’est la fête
des travailleurs et, précision, des travailleuses. Histoire d’un combat
séculaire, pas touche !
28 avril
La guerre, entre principe et pratique
Je suis contre la guerre, tout comme M. Kauffmann (L’Œil
de Réforme de ce jour). Or elle ne me demande pas mon avis pour intervenir,
c’est là l’ennui. Certes, je peux participer activement à toute action qui
viserait à éviter sa survenue, mais une fois qu’elle est là, que j’y participe
ou non ne changerait rien à l’affaire. Cette incapacité est le cas de la
quasi-totalité de nos concitoyens, croyants ou non. La seule chose que je
puisse faire alors, c’est déserter et émigrer dans un pays en paix, si je le peux,
ou me faire objecteur de conscience. Mais c’est alors affaire individuelle,
cela n’empêche pas la guerre. La foi chrétienne n’a pas prise sur cette
réalité, à moins que les forces qui mènent le monde soient agies par la
puissance de l’amour. Ce qui n’arrive jamais.
Comme beaucoup, j’ai eu à me poser très pratiquement
cette question au temps de la Guerre d’Algérie. D’autant que je désapprouvais
cette guerre pour une raison supplémentaire, me trouvant en faveur de la
liberté politique des Algériens. La question de la guerre n’a jamais été pour
moi une question de principe, la guerre s’est imposée toute seule à moi comme à
beaucoup d’autres. Ce fut aussi le cas dans mon enfance lors de la Deuxième
guerre mondiale, on ne m’a pas demandé si j’étais d’accord pour qu’on me tire
dessus. C’est la faiblesse du point de vue de Kauffmann : si la guerre est là,
que tu sois pour ou contre sa venue n’y change rien. La vraie question, du
moins pour moi, consiste à savoir ce que tu fais alors.
Cette question s’est imposée directement à moi et j’ai
préféré partager le sort de mes concitoyens, en refusant toutefois de devenir
gradé. Sursitaire, j’avais cinq ans de plus qu’eux. J’ai donc choisi la guerre.
J’ai préféré les camarades. Les circonstances ont fait que je pense avoir plus
agi contre la pratique de la guerre en me conduisant ainsi, mais peu importe :
j’ai eu cette chance de pouvoir choisir et j’ai choisi, pour le dire en nos
termes, de pécher.
C’est pour moi la vraie question qui se pose à celles
et ceux de la foi en Christ qui ont à faire face à la guerre : qu’est-ce qui
vaut le mieux, sachant que là rien n’est bien ? Qu’il n’existe que violence et
injustice. Toujours pécheur et toujours pardonné, comme disait l’autre. C’est
pourquoi une Église a certes raison de se désolidariser des fauteurs de guerre
en rappelant haut et fort que la guerre est mauvaise, comme l’a fait le Pape,
mais cela, le plus grand nombre, chrétien ou non, le sait, et les autres s’en
fichent.
Israël
La parole anti-juive est à proscrire. Or j'estime que
la parole actuelle de l'État d'Israël est anti-juive.
Mon opinion sera-t-elle considérée comme anti-juive ?