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Cinquante-deux récits plus un, parus en feuilleton

sur ce site, du 1er décembre 2006 au 28 novembre

2007.

Ils présentent chacun une personne qui, parfois sans

que cela s’explique, m’a paru remarquable,

que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

En voici un exemplaire : 

 

 

                Le salut traditionnel d’un Maori (Nlle. Zélande) à sin ami indien Toba (Argentine) – Cévaa

                © Arno Gasteiger network.

 

   

Aimée à la dent d’or

 

Elle était enseignante, dans son pays, Madagascar, au service des écoles protestantes de la Fiangonan'i Jesoa Kristy eto Madagasikara.

(ça veut dire "Église de Jésus Christ à Madagascar", je suis toujours un peu fier de mon malgache, pourtant bien oublié, c’est une langue que j’aime, parlée par un peuple que j’aime.)

Elle habitait une maison de latérite coincée dans un village encerclé de rizières, pas loin de Tana.

Un mari malade à la maison, de grands enfants sans travail, son tout petit salaire ne suffisait pas à faire vivre tout ce monde.

Mais on lui a proposé de l’avancement, responsable de la formation, cela supposait un long stage de deux ans andafy ("outre-mer"… c’est-à-dire en France).

voilà donc à Paris, toute menue, avec son chignon bien serré sous une raie impeccable, et son lamba, cette large écharpe blanche traditionnelle des dames malgaches, sur l’épaule.

Et sa dent d’or, d’autant plus visible qu’elle règne quasiment seule dans sa bouche.

Dans ce foyer qui complète les étages de bureaux de l’ONG protestante, boulevard Arago, Aimée devient vite une vedette.

Son charme discret, son sourire, sa vivacité d’esprit, sa poésie.

À chaque occasion de la vie collective ou sociale, elle écrit et récite de vibrants poèmes.

Le monde d’Aimée est fait d’amitié, de foi, d’espérance, malgré tous les démentis apportés par la réalité.

Dans son pays, une lutte intense oppose tout un peuple au dictateur tapi derrière ses gardes nord-coréens.

À Paris, Aimée chante la liberté à venir.

Elle étudie et les deux ans se passent, elle va rentrer à la maison.

Elle est formée pour exercer sa nouvelle responsabilité, on l’attend là-bas.

Dès son arrivée elle est licenciée.

Le patron des écoles protestantes craint qu’une adjointe aussi compétente ne le supplante.

À pauvre, pauvre et demi.   

 

 

 

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